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David Leleu

www.davidleleu.com

ICONOTROPY12LFIconotropy : Mauvaise interprétation accidentelle ou délibérée par une culture des icônes ou des mythes d’une précédente, en particulier pour les mettre en accord avec les leurs.

Si j’ai toujours accordé à la lumière une place centrale dans mon travail, la série des livres et magazines creusés représente une évolution tout à fait logique de ma pratique. Il ne s’agit plus ici d’éclairer au sens propre, mais de mettre en lumière, comme le ferait un spéléologue, tel ou tel élément d’un ouvrage. Cette évolution marque aussi le passage évident à la sculpture sans cependant renoncer au dessin. Je taille autant que je dessine dans la masse de l’objet pour laisser apparaître les couches successives de pages imagées.

J’ai entrepris depuis plus d’un an, de creuser des magazines et des livres avec le désir de dévoiler le cœur d’une publication sans avoir à l’ouvrir. Cet objet m’impose de nombreuses contraintes, je ne peux puiser que ce qui se trouve dans l’édition c’est pour cela que je prends un grand soin à sélectionner une matière première qui m’apporte un grand choix d’images avec un éventail iconographique large.

Je m’emploie alors à excaver certaines parties des magazines, qui, à l’instar d’une mine à ciel ouvert, laissent apparaître les couches successives des pages sculptées. Feuille après feuille, je fais sauter l’épiderme de l’ouvrage, évitant les textes. Se dévoile peu à peu des fragments de photos. Ces fragments viennent s’entremêler à la surface du magazine pour composer par strates, une mosaïque de formes. La composition peut épargner une partie de la couverture ou l’éliminer totalement.

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De mémoire d’homme,

Dans l’œuvre « De mémoire d’homme » (In living memories), David Leleu présente environ 500 photographies de presse retravaillées.

Procédant par effacement puis par ajout, l’artiste crée des tâches qui ne sont pas sans rappeler son travail récurrent sur la lumière. Si la lumière est un révélateur indispensable à notre perception du monde, il en fait régulièrement un élément perturbateur dans ses travaux. Il s’interroge ainsi sur notre ressenti face à l’intégrité de l’image lorsque qu’elle ne se conforme pas à notre attente du réel.

Dans cette œuvre, il s’agit de brouiller la lecture de l’image photographique en s’y attaquant physiquement, masquant certaines parties pour en révéler d’autres. En bouleversant la représentation photographique, David Leleu questionne l’acte de „voir“, à une époque de grande profusion et de banalisation de l’image.

En utilisant des images tirées de la presse quotidienne, nationale et internationale pendant plus d’un an (Fukushima, le concombre tueur, la crise économique), il questionne aussi la saturation et l’aspect éphémère de l’information telle qu’elle est traitée par les medias. La durée de vie d’une information est si courte, qu’elle n’a plus le temps de s’imprimer dans les mémoires. Elles se succèdent de façon purement chronologique. En effaçant l’élément différenciant qui permettrait d’identifier l’image, l’artiste illustre cette instantanéité et la rapidité de l’effacement de l’info dans la mémoire collective. Le visiteur navigue dans une réalité contrariée, où la vision se heurte à une intrusion aveuglante qui éclipse le sujet au profit de l’œuvre.

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